08/07/2006

J - 1 avant la grande finale.

Bien que tendus, nos Diables sont fins prêts pour le match du siècle !

 

Afin de préparer la finale de demain sous les meilleurs auspices, René van der Eycken a décrété le huis clos. Cela signifie que suite à la dernière conférence de presse de ce matin, les journalistes ne sont plus autorisés à rencontrer les joueurs avant l’issue de la finale.

 

Le coach national s’est montré très discret quant à la composition de l’équipe qui affrontera la France pour le sacre final. A l’entendre ce matin, même Silvio Proto ne serait pas sûr de sa place ! Gageons que cette attitude part d’un sentiment positif, d’une envie de vouloir en dévoiler le moins possible … Toutefois, René nous préparerait-il une de ces surprises dont il a le secret ? La seule certitude, c’est qu’hormis le défenseur axial Thomas Vermaelen, il n’y a ni blessé, ni suspendu. RVDE aura donc l’embarras du choix, entre 23 Diables avides de disputer le match le plus important de leur carrière.

 

Parmi ces 23 champions, il en est deux pour lesquels la saveur de ce tournoi aura peut-être un goût de trop peu. En effet, Philippe Clément et Stein Huisegems sont les deux seuls joueurs de champ à ne pas encore avoir foulé les terrains allemands. Ils ne semblaient toutefois guère déçus à l’interview : « C’est déjà un énorme privilège que de faire partie des 23 joueurs sélectionnés, affirmait Clément ». « Je pense pouvoir apporter quelque chose à cette équipe, ajoutait Huisegems, mais c’est au coach, et à lui seul, de prendre les décisions. De mon côté, je me donne à 100% aux entraînements, et je me tiens prêt pour si jamais il faisait appel à mes services.  »

 

D’après les dernières informations dont nous disposons, l’équipe alignée devrait avoir le visage suivant :

 

 

Pieroni

 

Sonck

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Goor

 

 

 

Buffel

 

Geraerts

 

Mudingayi ou Van den Borre

 

 

 

 

 

 

Leonard

Van Buyten

 

Simons

Deflandre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Proto

 

 

 

 

Thomas Vermaelen n’étant toujours pas rétabli, les clés de l’arrière garde seront une nouvelle fois confiée à Simons et Van Buyten. Dans l’entrejeu, Karel Geraerts n’a pas déçu et sera vraisemblablement titularisé pour la 5e fois d’affilée. Le capitaine Bart Goor semble rétabli et l’équipe aura bien besoin de son expérience sur le flanc gauche. Comme face à l’Italie, Buffel sera aligné à droite, afin de permettre à Wesley Sonck de venir épauler Pieroni en pointe de l’attaque. Le seul réel doute qui persiste concerne le second demi récupérateur, qui officiera aux côtés de Geraerts. Le sélectionneur devra choisir entre Gabi Mundigayi, sobre mais efficace face aux Italiens, et le fougueux Anthony Vanden Borre, gonflé à bloc par son but décisif lors de cette même demi finale.

 

Les spécialistes internationaux ne donnent pas cher de notre peau.

 

Bien que le stress grimpe au fur et à mesure que les heures s’écoulent, les indicateurs restent au beau fixe : ambiance de groupe optimale, moral et confiance en acier forgés par les succès antérieurs, tous semblent être à 100% de leur potentiel. Eric Deflandre déclarait ce matin : « Je vous garantis que l’erreur ne viendra pas de nous. Il faudra une redoutable équipe de France pour nous barrer le chemin du triomphe ! ».

 

La presse étrangère ne semble toutefois pas tenir compte de ces éléments internes au noyau belge …  Que ce soit « Bild », « The Times » ou « La Gazetta dello sport », tous voient la France remporter les lauriers. Ils y vont à coups de « La rigueur française aura raison de la baraka belge », « Cette fois, les Diables sont un oiseau pour le chat », et « Zidane ne laissera personne gâcher sa fête ». La délégation belge préfère prendre de haut ces pronostics, certes peu enclins à nous donner de l’espoir. « Ces témoignages ne peuvent que motiver mes joueurs à 120%, annonçait ce matin René van der Eycken, lors d’un entretien en face à face. De toute façon, ils n’ont pas de temps à perdre à lire ces futilités. Tout ce qui compte, c’est que le pays soit derrière eux. Après, ils auront à cœur de prouver une bonne fois leur valeur aux sceptiques qui ne sont pas encore convaincus. »

 

Le pays derrière eux … C’est vrai qu’on n’avait plus vu une Belgique si unie depuis bien longtemps. Comme quoi il suffit de rien … onze gaillards, flamands et wallons, réunis sous un même maillot, à nonante minutes de forger l’exploit du siècle …

 

 

Depersée A.

18:35 Écrit par Allez les diables ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

07/07/2006

J - 2 : Les Diables espèrent aller jusqu'au bout

Dans deux jours, les Diables affrontent la France lors de ce qui sera sans nul doute le match le plus important de toute leur histoire.

 

Il faisait bien calme jeudi matin dans les rues des métropoles italiennes. Et pour cause, la revanche que tout le peuple espérait n’aurait finalement pas lieu. La Squadra azzura s’était vue barrer la route de la finale par une équipe belge toujours plus surprenante !

 

Si certains parlaient encore de chance avant la rencontre, ils se doivent à présent d’ouvrir les yeux sur l’étendue du talent dont nos joueurs ont fait preuve pour parvenir à vaincre une Italie en grande forme. La défense fut implacable, et lors des moments où elle fut tout de même prise de vitesse, elle a pu compter sur les interventions divines de Silvio Proto. Sauf surprise, le jeune ex-Louviérois sera certainement élu meilleur portier de la compétition. Depuis deux rencontres, il semble en effet se multiplier devant les attaques adverses. Qui d’un Henry ou d’un Ribery sera capable de le faire se retourner ?

 

Les prestations quatre étoiles de nos joueurs font des émules au-delà des simples considérations sportives … Ce matin, France Football annonçait l’arrivée imminente de Proto à l’Olympique de Marseille (affirmation démentie par Herman Van Holsbeek, manager du RSC Anderlecht avec lequel le gardien est encore sous contrat). Et du côté de la Bavière, le Bayern Munich ferait actuellement le forcing pour obtenir les services d’Anthony Vanden Borre et de Luigi Pieroni, bien que la direction auxerroise ait déclaré l’avant-centre intransférable.

 

Ces considérations mercatiques ne doivent surtout pas détourner les Diables de leur objectif : ramener la Coupe du Monde chez nous, en Belgique. Il y a un mois, rien que l’idée de voir nos Diables brandir le trophée relevait de la pure folie, mais aujourd’hui, c’est toute une nation qui croit en ses représentants. Bien sûr, nous avons une chance ! Et ce même si le niveau affiché par l’équipe de France s’est substantiellement amélioré depuis le début de la compétition.

 

Ces statistiques qu’il ne faut pas écouter …

 

Faut-il y voir un bon présage ? A nouveau, les statistiques jouent en notre défaveur. Sur trois rencontres nous opposant aux Français lors de compétitions internationales, nous avons enregistré autant de défaites. La dernière datant du 28 juin 1986, et faisant lieu de … petite finale de la Coupe du Monde. Vingt ans après, les petits sont devenus grands, et s’affronteront pour le titre, dimanche soir, à l’Olympiastadion de Berlin. Puissent les dieux du football continuer à nous protéger …

 

 

Depersée A.

16:25 Écrit par Allez les diables ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Rectification

Comme certains d’entre vous l’auront judicieusement remarqué, une erreur s’est introduite dans notre article du 5 juillet consacré à la rencontre Belgique – Italie. Le deuxième but des Belges est bien à mettre à l’actif d’Anthony Vanden Borre, et non de Wesley Sonck qui avait quitté le terrain.

 

La rédaction de Diables2006 tient à présenter ses excuses à tous ses lecteurs, bien que, ayant regardé le match en direct à la télévision, aucun d'entre eux n'aura été trompé par cette maldonne.

 

15:59 Écrit par Allez les diables ! dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

05/07/2006

Belgique – Italie : Une rencontre passionnante, à la fin de laquelle les plus réalistes l’ont emporté.

Les klaxons ont retenti toute la nuit dans les rues du royaume.

 

C’est un onze belge très tendu qui monte sur la pelouse du stade de Dortmund en cette soirée magique du quatre juillet deux mille six. En effet, la nation de Jacques Brel et de Plastic Bertrand s’apprête à jouer la deuxième demi-finale de son histoire, vingt ans après celle de 1986, alors perdue face à un seul homme. Il n’en serait sans doute rien cette fois. L’équipe italienne dispose certes de noms ronflants, mais c’est avant tout un collectif difficilement ébranlable, comme elle a pu le montrer lors des phases précédentes.

 

Du côté belge, les individualités sont surtout dans la tribune : S.A.R le Prince Philippe de Belgique et son épouse la Princesse Mathilde, avec à leurs côtés Monsieur le Premier Ministre Guy Verhofstadt et Monsieur le Président de l’URBSFA Jan Peeters. Parmi les supporters plus habituels, qu’on ne retrouve pas dans le carré VIP mais bien dans le stade, les caméras avisées repèrent le pongiste Jean-Michel Saive, l’humoriste François Pirette et le chanteur Jean-Luc Fonck. Barbouillés de noir – jaune – rouge, ils chantent le célèbre « olé olé olé » d’un autre non moins célèbre chanteur de nos contrées, présent également à leurs côtés. Bref, que du beau monde pour venir supporter nos Diables !

 

Malgré nos prévisions, René Van der Eycken avait décidé de titulariser sa défense-type, en n’apportant des modifications qu’à l’attaque et à l’entrejeu. Ainsi, Gabi Mundigayi se voyait titularisé, sans doute en faveur de son expérience face aux joueurs du Calcio. Goor gardait sa place sur la gauche, tandis que Buffel glissait à la droite de l’entrejeu, étant remplacé en pointe par un des Belges en forme : Wesley Sonck. Tous semblent nerveux ; lors des hymnes nationaux, aucun n’entonne la Brabançonne… Peut-être préfèrent-ils restés concentrés sur l’enjeu. C’est fort probable, car au coup de sifflet, cette nervosité s’efface soudain, au profit d’un engagement qui marquera les nonante minutes de la rencontre.

 

Dès le départ, les Italiens prennent le jeu à leur actif et mettent la pression sur notre ligne arrière. Malgré les minutes accumulées jusque là, notre quatuor défensif paraît en grande forme. Dès la 3e minute, Totti pénètre dans le rectangle, mais se voit contré par un roc nommé Van Buyten. Le capitaine de la Roma s’écroule, mais l’arbitre n’est dupe, et le sanctionne d’un carton jaune. Cet évènement a-t-il influencé la suite de la rencontre ? L’affirmative est fort probable …

 

La tactique azzura semble claire : marquer le plus vite possible, pour se rassurer, et prendre le match en main. Poussée par un public bleu venu en masse, ils pressent notre défense durant les vingt premières minutes, mais parviennent rarement à trouver une ouverture. A la 14e minute, Luca Toni réussit tout de même à percer le cadenas vandereyckenéen d’un dribble fantastique, mais il tire en plein sur Silvio Proto, qui n’éprouve aucune difficulté à s’emparer du ballon.

 

Sur la relance, Camoranesi récupère le cuir, et ne trouvant pas d’homme libre à qui adresser une passe, il tente sa chance de loin. Son tir passe au dessus de la cage. Peu après, c’est Pirlo qui verra son avancée stoppée par Mudingayi. Décidément, la défense belge semble parfaitement installée.

 

Elle montre toutefois ses failles à la demi-heure. Sur un centre de Gattuso, Totti effectue un contrôle de la poitrine qui trompe Van Buyten, avant d’adresser une passe directe à Perrotta monté sur la gauche. Le jeune Romaniste est tout près de trouver l’ouverture, mais il butte sur un Silvio Proto des grands soirs. Sur ce coup-là, la parfaite sortie du gardien anderlechtois rattrape les errances de sa défense.

 

Mais il ne suffira pas de défendre pour vaincre. Or, la mi-temps arrive, et les attaquants belges n’ont pas encore eu une seule occasion à se mettre sous la dent. Pire même, puisque l’entrejeu belge ne parvient que moyennement à s’en sortir. Buffel et Goor sont rarement avisés, tandis que Geraerts et Mudingayi sont plus souvent derrière qu’à la relance. Sur son banc, René Van der Eycken sait que pour gagner, il lui faudra marquer. Les deux équipes regagnent les vestiaires sur un 0-0, mais ce sont les Italiens qui se sont montrés les plus conquérants, avec une possession de balle de 68%.

 

Les Diables se risquent enfin à attaquer

 

Ces mêmes Italiens reviennent sur le vert avec encore plus de détermination. A la 49e minute, une longue balle de Zambrotta parvient dans les pieds de Toni, qui se retourne et laisse envoie vers Totti. Ce dernier lance un véritable boulet de canon vers la lucarne de Proto, qui réussit tant bien que mal à le dévier au dessus de la transversale. Sur le coup de coin qui suit, Materazzi place sa tête au deuxième piquet, et c’est Deflandre qui empêche la balle de venir flirter avec les filets belges. La défense tient, mais elle a très chaud !

 

La pression azuréenne s’intensifie encore trois minutes plus tard. Lancé par Pirlo, Toni se déjoue de Simons et file vers la cage de Proto. A l’entrée de la surface, il passe à Totti, qui n’a plus qu’à marquer, mais c’est au tour de Philippe Leonard de sauver les meubles en taclant parfaitement le romaniste. Les plaintes de la star romaine ne serviront à rien, et le jeu peut repartir.

 

On sent néanmoins la défense belge vacillante. Si l’équipe ne réagit pas rapidement, elle pourrait fort bien encaisser un goal, et ce n’est qu’une question de secondes … sans doute les joueurs belges le savent-ils, puisque c’est précisément ce moment qu’ils choisissent pour placer leur toute première offensive de la rencontre. Alors qu’on ne l’avait pas vu en soixante minutes, Bart Goor laisse Zambrotta sur place et file sur son flanc. Son centre parvient à Pieroni, miraculeusement isolé dans la surface. Le buteur belge place sa tête, mais l’Auxerrois trouve la transversale sur son chemin, avant que Grosso n’envoie la balle en corner. Pieroni se tient la tête, car il sait qu’il vient de passer à côté d’une occasion en or.

 

Le coup de coin belge est donné par Buffel. L’ex- Rotterdamois effectue une courte passe vers Deflandre, qui lui remet aussitôt. Le Catenaccio italien est en place, et il sera très difficile de trouver un homme libre. Mais les joueurs de la botte ont tellement bien placé leur rideau défensif qu’ils en ont oublié de presser le possesseur du ballon ! Buffel avance donc, libre de pressing, et tente sa chance des trente mètres. Le ballon, dont la trajectoire semble d’abord trop haute, redescend et file se loger dans la lucarne de Buffon ! Les défenseurs italiens sont stupéfaits, et leur gardien hurle en leur direction. Mais il est trop tard : contre toute attente, c’est 1-0 pour les Diables, grâce au premier but de Thomas Buffel dans cette compétition.

 

Toutefois, rien n’est fait pour nos couleurs ! Il faut se replacer, car les Italiens n’ont pas l’intention de laisser filer une finale qui leur tend les bras. Le football belge se prépare à vivre les trente minutes les plus longues de toute son histoire …

 

Afin de revenir rapidement au score, Lippi fait rentrer Del Piero à la place de Grosso. Le vieux renard de la Juve se met immédiatement en valeur, mais fort heureusement pour nous, son tir des 30 mètres file à côté du but. Le pressing ne fait que commencer ! Deux minutes plus tard, c’est Camoranesi qui parvient à donner à Toni dans la surface. Il va marquer, il tire, et du bout de l’index, Proto dévie sur son poteau avant que Simons n’envoie la balle le plus loin possible. L’Italie créé le surnombre dans le rectangle, et Van der Eycken doit faire quelque chose. Il décide alors de replacer Buffel en soutien de Pieroni, et de faire sortir Sonck pour Vanden Borre, afin de rééquilibrer les échanges derrière et dans l’entrejeu.

Ce changement stratégique apporte plus de sécurité à la défense belge, mais ne calme en rien les ardeurs italiennes ! A la 73e, Totti reçoit le cuir de Zambrotta et avance vers les vingt mètres. Entouré par trois défenseurs belges, le meneur italien chute à nouveau dans le rectangle ! Les dizaines de milliers de personnes présentes tournent les yeux vers l’arbitre… qui fait signe au romain de se relever ! Totti est littéralement fou de rage, et il faudra deux de ses coéquipiers pour venir le calmer, et l’empêcher de menacer l’intégrité de l’homme en noir. Le ralenti n’apporte aucune certitude parfaite, mais force est de constater qu’un penalty aurait été très généreux ...

 

Ce court répit permet aux Belges de se porter à l’avant. Vanden Borre, fraîchement arrivé,  passe en direction de Geraerts, qui adresse une longue transversale vers Goor. Mais le capitaine s’emmêle les pinceaux, et son centre file en coup de pied de but. Goor s’écroule alors sur la pelouse, non pas pour obtenir un penalty comme ses homologues italiens, mais bien car il est victime de crampes. Le capitaine a tout donné ces derniers jours, et au-delà d’une certaine limite, le corps humain ne peut plus suivre … Bart est alors remplacé par Koen Daerden, sous les huées d’une partie de la foule, et les acclamations de l’autre.

 

Il reste un quart d’heure à tenir ! Quinze minutes sans encaisser, et la Belgique sera propulsée en finale de la Coupe du Monde ! Pendant que Lippi fait rentrer Iaquinta pour Perrotta, René Van der Eycken hurle à ses joueurs de demeurer concentrés. Le coach ne peut plus rester assis, et encore moins immobile. Il évite l’infarctus de justesse trois minutes plus tard, quand une passe à ras de terre de Totti parvient à Gattuso, isolé devant Proto. Il faudra à nouveau un formidable sauvetage du jeune portier belge pour rassurer la maison belge. Silvio montre à la planète qu’il est sans doute le meilleur gardien du tournoi, et qu’il compte bien le rester jusqu’au bout. Il arrête un autre tir de Gattuso quatre minutes plus tard, certes moins dangereux, mais tout de même bien cadré.

 

Les secondes s’écoulent, et les Belges tiennent bon, malgré l’intense pressing dont ils sont les victimes. Et puis, à la 84e minute, leur sang se glace. Del Piero se fait faucher à l’entrée du rectangle par Karel Geraerts. L’endroit est idéal, pour celui qui a déjà inscrit des dizaines de buts sur des phases en tout point identiques. Le mur belge se dresse, mais gêné par Iaquinta et Totti, il éprouve des difficultés à rester en place. Alessandro Del Piero s’avance, et frappe vers l’endroit du mur où Iaquinta baisse sa tête. Le tir file droit vers le but, mais Proto se détend tel un félin, et parvient à boxer le cuir sur sa gauche. Gattuso récupère la balle avant qu’elle ne file en touche, et centre vers la surface où se pressent la quasi-totalité des acteurs. C’est Luca Toni qui saute le plus haut, mais avant même qu’il ne place sa tête, Totti et Materazzi s’écroulent dans la mêlée ! L’arbitre arrête le jeu, mais personne ne parvient à voir sa décision car il est immédiatement entouré par une vingtaine de joueurs. Alors, coup franc pour les Belges ? Penalty pour les Italiens ? Les joueurs des deux camps se calment, et s’éloignent du referee. Ce dernier se dirige alors vers le point de penalty, là où gisent Totti et Materazzi … et il leur adresse un carton jaune pour simulation ! Le ralenti est formel : aucun des deux n’a été touché. Sans se concerter, ils ont simplement tenté d’obtenir un coup de réparation en feignant la faute … Francesco Totti se voit donc exclure pour simulation, tout comme quatre années auparavant, contre la Corée du sud en huitième de finale.

 

Les esprits se calment, et Van der Eycken en profite pour remplacer Buffel par Defour. Sur le coup franc qui suit, Proto frappe la balle le plus loin possible. A la récupération, Pieroni saute plus haut que Cannavaro, et place le dos de sa tête pour envoyer le cuir vers le rectangle italien. Il lance ainsi Steven Defour, frais et libre de tout marquage, qui file vers les buts de Buffon sous les clameurs bruyantes de tout le public. Le gardien italien sort dans les pieds du jeune belge, mais celui-ci parvient à passer à Sonck, qui n’a plus qu’à pousser la balle dans le but vide : 2-0, et un troisième but pour Wesley ! A deux minutes de la fin, c’en est terminé des espoirs italiens ! Déjà moralement atteints par l’exclusion de Totti, les champions azzuri s’écroulent par terre, pendant que l’entièreté du staff belge, coach, kinés, délégation, accourt vers le point de corner pour féliciter le buteur, déjà enfouis sous ses dix coéquipiers qui le congratulent chaudement.

 

Il faudra trois bonnes minutes aux Diables pour reprendre leur place sur le terrain. Les Italiens mettent encore une fois le nez à la fenêtre par l’entremise de Toni, mais le moral n’y est plus. Et au coup de sifflet final, c’est la délivrance, la jouissance, l’orgasme sportif comme la nation n’en a jamais connu un :

 

La Belgique est en finale de la Coupe Du Monde !!!

 

 

«  Nous voulions marquer les premiers. »

 

Il sera très difficile d’interviewer les joueurs belges après la rencontre. Est-ce seulement utile, car les images parlent d’elles-mêmes, et les mots semblent inutiles. Seul le coach national, le nouveau héros de tout un peuple, parviendra à glisser les secrets de sa stratégie entre deux accolades et coulées de champagne sur la tête : « Nous voulions marquer les premiers, car nous savons qu’à 1-0, l’Italie aurait cadenassé derrière. J’ai demandé à mes joueurs d’être très attentifs en défense, et de lancer un contre dès que l’occasion se présenterait. Thomas (NDLR : Buffel) a marqué un but splendide, peut-être le plus beau du tournoi. L’arbitre ne s’est pas laissé abuser par l’étendue du talent des comédiens italiens (sic). Et au final, nous voici … en finale ! C’est mérité. Bravo aux joueurs, et merci aux supporters. » Ce sont là les derniers mots que nous parviendrons à arracher du sélectionneur, avant qu’il ne soit emmené de force dans les douches, où il prendra un bain tout habillé.

 

On a même frôlé l’incident diplomatique, lorsque le prince Philippe, venu féliciter nos champions, fut à son tour gentiment poussé vers la piscine créée pour l’occasion … Philippe Leonard, pourtant son homonyme, le prit sur ses épaules, et croyant à une farce, notre futur roi se laissa faire. Mais quand il vit que le Liégeois se dirigeait vers l’étendue d’eau, c’était déjà trop tard ! Sa Majesté en fut toute trempée, mais heureusement, Elle le prit avec humour et détachement. Quelques minutes plus tard, c’est toutes les célébrités belges présentes sur place, wallonnes et flamandes, qui pataugeaient allègrement dans la mare, pendant que l’Héritier de la Couronne se séchait dehors, et que son épouse se voyait déconseiller d’entrer dans les vestiaires du Stadium Dortmund.

 

C’est tout de même beau, un pays uni …

 

Rendez-vous en finale !!!

 

 

Petreri D.

 

 

Belgique : Proto ; Deflandre, Van Buyten, Simons, Leonard ; Goor (75e), Geraerts, Mudingayi, Buffel (88e Defour) ; Sonck (Vanden Borre 68e), Pieroni.

Italie : Buffon ; Zambrotta, Cannavaro, Materazzi, Grosso (63e Del Piero) ; Camoranesi, Gattuso, Pirlo, Perrotta (78e Iaquinta) ; Totti, Toni (89e Inzaghi).

Buts : Buffel, 1-0 (62e) ; Vanden Borre (88e).

Cartons jaunes : Totti (3e et 86e), Geraerts (84e), Materazzi (86e).

Cartons rouges : Totti (86e)

06:44 Écrit par Allez les diables ! | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

04/07/2006

Une véritable fête nationale vingt jours à l’avance !

La Belgique entière fête ses champions, qui se préparent à affronter l'Italie ce soir pour une place en finale ...

 

Des files de voitures qui klaxonnent, toutes les grands places du pays bondées de monde, des cris et des chants à n’en plus finir … On n’avait plus vécu cela en Belgique depuis 1986. C’est le pays tout entier qui s’est arrêté pour célébrer les exploits de ses champions. Et paradoxalement, les quais de gare sont très calmes le matin. La raison est simple : bon nombre de navetteurs dorment peu ou pas du tout, et les cernes gonflées sous leurs yeux montrent à quel point ils sont désenchantés de devoir se rendre au travail !

 

Les vendeurs de drapeaux sont pris au dépourvu, et qui ne le serait pas à leur place : comment auraient-ils pu prévoir que cette Coupe du Monde serait celle des exploits de notre petite nation ? Les petites industries engagent de la main d’œuvre pour quelques heures, des stands s’improvisent dans la rue au milieu des passants qui, le sourire aux lèvres, chantent la Brabançonne à tue-tête, une main sur le cœur.

 

Du côté de l’Allemagne, les joueurs sont bien conscients de l’exploit qu’ils sont parvenus à forger en sortant le pays organisateur, l’un des grands favoris du tournoi. Mais le bonheur qui se lit sur leur visage est accompagné d’une certaine crispation. Car ils savent aussi qu’à partir de maintenant, plus rien n’est impossible. Leur talent s’est décuplé aux cours des dernières rencontres, et leur sang-froid infaillible compense leur manque d’expérience à ce niveau. En témoigne le geste de Bart Goor, cinquième tireur belge lors de la séance de tirs au but, qui a battu Jens Lehmann d’une magistrale Panenka alors que la tension était à son comble. « Nous sommes à 180 minutes du bonheur complet, déclarait-il ce matin. Et nous avons le potentiel pour aller jusqu’au bout. Au cours de ce tournoi, nous avons battu trois des plus grandes équipes. Qu’on ne parle pas de chance ici ! Avouez que trois victoires en ne jouant pas bien face à des adversaires tels que les Pays-Bas, l’Argentine et l’Allemagne, cela relèverait d’un miracle comme on n’en lit nulle part, même pas dans les évangiles ! »

 

Les supporters se mobilisent

 

C’est toute une délégation de la famille royale belge qui sera à Dortmund ce soir, pour assister à la demi-finale qui opposera nos valeureux diables rouges aux féroces et talentueux Italiens, qui n’ont plus gagné le Mondial depuis 1982. D’autres célébrités du pays devraient également être présentes, tandis que l’Union Belge fait des pieds et des mains pour qu’un maximum de supporters puisse obtenir des billets pour la rencontre.

 

Pour ce qui est du onze de base qui sera aligné ce soir, aucune certitude n’est encore émise. René Van der Eycken peut décider d’aligner son équipe-type, mais deux facteurs pourraient l’influencer à préférer des joueurs habituellement réservistes. Premièrement, Les titulaires ont pour la plupart joué l’entièreté du dernier match, et n’auront eu que 4 jours pour reprendre des forces. Deuxièmement, pas moins de sept joueurs belges sont à un carton jaune de la suspension pour le prochain match – inutile de vous en rappeler l'enjeu si jamais nous vainquons les représentants de la botte …

 

S’il prend ces considérations en compte, le coach national pourrait être amené à aligner l’équipe suivante :

 

 

 

Pieroni

 

 

 

 

 

 

Buffel

 

 

 

 

 

 

Daerden

 

 

 

Mpenza

 

Geraerts

 

Mudingayi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hoefkens

Van Buyten

 

Clement

Deflandre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Proto

 

 

 

 

La ligne d’attaque peut également être composée de Sonck et Vandenbergh, qui ont tous deux marqué au cours du tournoi, et ont le moral gonflé à bloc. La blessure de Vermaelen oblige Daniel Van Buyten à tenir sa place, malgré qu’il ait joué l’entièreté des deux dernières rencontres, soit quatre heures. Mais rien n’est encore certain, et il est vraisemblable que nous ne découvrirons les choix du sélectionneur que ce soir.

 

Une première

 

Atteindre la finale de la Coupe du Monde serait une première pour notre pays. Déjà victorieuse au cours du passé, les Italiens partent avec l’avantage de l’expérience. Les spécialistes internationaux prédisent une victoire de la Squadra Azzura, qui lui permettrait d’atteindre la finale pour la sixième fois de son histoire. Mais comme les Diables nous le montrent depuis le début de la compétition, les statistiques sont faites pour être trompées…

 

Allez les Diables, nous croyons en vous !!!

 

 

Depersée A.

11:19 Écrit par Allez les diables ! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/07/2006

Allemagne - Belgique : Les Belges peuvent être fiers !

Au coup de sifflet final, la nation belge a de quoi être fière. Ses représentants se sont livrés corps et âme, dans une lutte dont l’issue était pourtant écrite à l’avance. Leur hargne et leur courage seront à jamais inscrits au panthéon du football belge. Nos Diables ont livré la prestation parfaite… Que dire de plus ?

 

 

Poussés par leur public, les pays organisateurs réussissent généralement de très bons parcours. D’autant plus lorsqu’ils ont déjà été sacrés trois fois champions du monde par le passé. Dans ce cas, il faut raisonnablement s’attendre à ce que la nation hôte termine au moins dans le dernier carré.

 

D’un autre côté, chaque compétition internationale révèle sa petite surprise, une équipe que l’on n’attendait pas, et qui parvient à tenir tête aux ténors du tournoi. La Belgique de Scifo en 1986, le Cameroun de Milla en 1990, la Bulgarie de Stoitchkov en 1994, la Croatie de Suker en 1998, et la Turquie de … Sukur, en 2002. Pour figurer au palmarès des révélations, comme leurs pères de Mexico, nos Diables devaient réussir le pari impossible de terrasser les Allemands dans leur propre jardin.

 

Pour ce faire, René Van der Eycken avait décidé de renforcer l’entrejeu axial, en montant Timmy Simons d’un cran. Pour le reste, pas de surprise dans la composition de René ; les hommes les plus en forme ont été maintenus à leur poste. En face, le danger porte les noms de Miroslav Klose et Lucas Podolski ; le duo d’attaque allemand pèse jusqu’à maintenant 7 buts dans cette compétition, ce qui n’est pas rien !

 

Les Diables plient mais ne rompent pas

 

Comme prévu, l’armada teutonne se lance dès le début du match à l’assaut du but de Silvio Proto. Mais la défense belge s’organise, et ne laisse filtrer le moindre espace où les bulldozers offensifs allemands pourraient s’engouffrer. Le premier tir part des pieds de Klose à la 6e minute ; l’attaquant du Werder Breme tente sa chance de loin, mais son essai passe de peu à côté du cadre. Les Allemands vont rapidement récupérer la possession du ballon, sans pour autant réussir à trouver la faille. Le mur dressé par Van der Eycken semble en effet infranchissable.

 

Au quart d’heure, les Allemands réussissent toutefois une percée dans le rectangle. Ballack réussit à se défaire de Simons et Geraerts, avant de lancer Podolski sur la droite. Le stade entier voit déjà l’ouverture du score, mais Proto effectue une sortie impériale dans les pieds du striker de Cologne. Sur son banc, René essuie son front perlant de sueur ; les Belges viennent de se faire sacrément peur !

 

C’est encore Proto, totalement décomplexé, qui dévie au dessus de sa transversale une tentative cadrée de Schweinsteiger à la 21e minute. Les Allemands semblent décidément éprouver les pires difficultés à transpercer la défense belge, et en sont réduits à tenter leur chance de loin.

 

Mais nos joueurs ne savent pas faire que défendre, et ils le prouvent bien assez tôt. Sur un contre, Simons sort de sa ligne balle au pied et effectue une course de trente mètres, avant d’effectuer une passe millimétrée à Buffel. Parti seul dans l’axe, le petit attaquant Belge s’en va battre Jens Lehmann. Dans le stade règne un silence absolu, si ce n’est le camp belge qui laisse exploser sa joie. Nos menons 0-1 !

 

Nous menons ? Hélas non ! Dans leur empressement, les Belges en ont oublié de regarder le juge de ligne, qui a bel et bien levé son drapeau ! Sur la passe de Simons, Buffel était hors-jeu. Le bonheur laisse place à la frustration, mais le ralenti télévisuel est implacable : au moment de la passe, Metzelder est devant Buffel, ça se joue à quelques centimètres … Suite à ce fâcheux événement, les Diables éprouvent des difficultés à se reconcentrer. Deux minutes plus tard, Van Buyten est dans les choux et il s’en faut de peu pour que Klose ne trouve l’ouverture sur un centre de Schneider. Heureusement, Proto veille au grain, et d’une impressionnante claquette, il dévie la tête du grand attaquant allemand.

 

Le jour de gloire de Silvio Proto

 

En fin de première mi-temps, le jeune gardien d’origine italienne est impressionnant. Deux têtes de Klose et un tir de Podolski plus tard, nos Diables tiennent toujours le 0-0. Par moments, Silvio semble réellement se dédoubler sur sa ligne ! Il faut dire qu’il est bien secondé dans sa tâche par notre défense, qui fait ce qu’elle peut pour contrer les offensives allemandes. Quant à nos attaquants, ils repointent leur nez à la fenêtre en toute fin de première période. Sur une passe de Goor, Pieroni dans l’axe tente un tir des 30 mètres, mais ce n’est pas cadré.

 

Les joueurs regagnent donc les vestiaires sur un score vierge. « C’est un miracle pour les Belges », entend-on de la bouche de certains supporters allemands …

 

La deuxième mi-temps recommence avec le même entrain. Du côté belge, on ne sait pas encore si l’équipe va tenter de parvenir jusqu’aux penalties, ou si elle est décidée à prendre des risques, afin d’éventuellement ouvrir le score. Les Allemands n’en ont toutefois cure. A la reprise, Proto va vivre les cinq minutes les plus éprouvantes de sa carrière. Dès la 47e, Ballack pénètre dans le rectangle, et parvient à dribbler simultanément Vermaelen et Simons, avant de viser la lucarne belge. A nouveau, la détente de Silvio est miraculeuse. Le corner est vite tiré, et sur le centre, la tête de Klose est à nouveau bloquée sur la ligne par notre gardien. Ce dernier dégage au loin, mais le ballon revient bien vite ! D’abord dans les pieds de Lahm sur la gauche, celui-ci adresse un centre dans l’axe pour Schweinsteiger, qui tente sa chance des 35 mètres. Son magistral envoi aurait sans doute été l’un des plus beaux buts de la Coupe du Monde, si Proto ne l’avait pas à nouveau dévié en coup de coin. Les Belges en ont plein les pieds, mais leurs filets restent vierges ! Ceux qui s’en souviennent revivent le match Belgique – Pays-bas de 1994, Proto remplaçant Preud’homme dans le rôle du dernier rempart infranchissable.

 

A la 60e, Klinsmann décide de renforcer son attaque, en faisant entrer Odonkor en lieu et place de Schneider. A peine monté au jeu, le jeune milieu du Borussia Dortmund fait parler sa pointe de vitesse sur son flanc droit. Par deux fois, ses déboulés viennent menacer la défense belge, mais Philippe Leonard veille au grain. A la 67e, il récupère la balle dans les pieds du même Odonkor, avant d’effectuer une longue passe sur son flanc. Bart Goor parvient avec chance à maîtriser le ballon, et à prendre Friedrich de vitesse. A la limite du rectangle, Goor effectue une passe sur la droite vers Buffel, qui, en un temps, remet dans l’espace pour Vanden Borre, monté faire le surnombre. Coincé entre deux Allemands, Anthony parvient toutefois à placer un bout de crampon qui prend Lehmann à contrepied. Pieroni n’a plus qu’à pousser le ballon au fond du but. Cette fois, le but est validé ! C’est 0-1 pour les Belges, et quelle magnifique action collective !

 

Jens Lehmann est en colère, et hurle sur ses défenseurs qu’il estime responsables. Les Allemands n’ont plus qu’à repartir devant, et du côté belge, on espère tenir, et placer l’une ou l’autre contre-attaque dans les brèches qui seront ainsi ouvertes.

 

Une défense héroïque.

 

Durant les vingt dernières minutes, nos défenseurs se multiplient, parfois non sans mal…

C’est tout d’abord Simons qui, en se jetant sur la trajectoire du ballon, dévie avec douleur un tir de Ballack. Le sociétaire du PSV Eindhoven reste KO, et doit sortir du terrain pour quelques bonnes minutes, avant de pouvoir retrouver sa place. Plus grave encore, à la 76e, Vermaelen se blesse en taclant Podolski, juste avant que celui-ci ne place un tir. Le jeune ajacide doit immédiatement être remplacé par Carl Hoefkens ; même si les Belges remportent la victoire, il est fort probable que sa Coupe du Monde s’arrête ici.

 

On se dit qu’avec un peu de sang neuf, la Belgique peut réussir à garder les faveurs du marquoir. C’est en effet possible, car au fil des minutes, nos Diables semblent prendre confiance. Ils commencent à croire en la qualification, et ce malgré les tentatives allemandes qui pleuvent devant le but de Proto. A la 84e minute, ce dernier arrête encore un tir de Klose, quasiment à bout portant.

 

Il ne reste plus que cinq minutes à tenir ! Les Belges jouent le chronomètre, et tentent de garder la balle en leur possession. Les Allemands pressent tant et plus, mais nous parvenons à garder le contrôle du ballon. L’espoir est entier ; cette fois, c’est certain, nous allons nous qualifier ! Mais à la 89e, une perte de balle de Geraerts dans le milieu du jeu donne lieu à une ultime offensive adverse. Ballack récupère le cuir, et dribble deux Belges. Dans la surface, Podolski se libère du marquage de Hoefkens, au moment-même où Ballack lui administre une passe qui lobe le reste de la défense belge. Podolski reprend de la tête et cette fois, Proto ne peut rien faire : l’Allemagne égalise dans les dernières minutes de jeu.

 

Pendant tout un peuple respire, c’est tout un stade qui hurle sa joie. Du côté belge, on semble abattu. Proto reste un moment allongé par terre, couvrant son visage de ses gants. C’est Deflandre qui viendra le relever, allez mon ptit gars, la bataille n’est pas terminée !

 

Des prolongations insoutenables

 

Comme face au Mexique en huitièmes, les Diables devront passer par l’épreuve des prolongations. A cette différence près que cette fois, le moral est du côté adverse. Les Allemands semblent ragaillardis par cette égalisation, qui a rechargé les onze batteries germaniques. Du côté belge, on remonte sur le terrain en se tenant par l’épaule ; la qualification devra à nouveau passer par un collectif en acier.

 

La Mannschaft semble décidée à prendre l’avantage le plus tôt possible. Dès la 92e minute, Neuville trouve la transversale sur un tir des vingt mètres, avant, deux minutes plus tard, qu’un nouveau tir de Klose soit dévié par Proto. Les Belges osent à peine prendre le jeu à leur compte, mais parviendront néanmoins à se forger une belle occasion juste avant l’ultime pause : c’est un Goor à bout de souffle qui centrera pour Pieroni, dont la tête effleure le montant droit de Lehmann qui n’avait pas bougé. Dommage ! D’autant plus que les événements vont prendre une tournure dramatique …

 

À la 110e minute, suite à une action confuse, Hoefkens accroche Neuville dans le rectangle. L’arbitre n’hésite pas une seule seconde, et siffle un penalty en faveur des Allemands. C’est une véritable aubaine ! Car le ralenti montrera qu’il n’y avait absolument pas accrochage. Frustrés, les joueurs belges entourent l’homme en noir, Vanden Borre prendra même un carton jaune pour rouspétances. Mais rien n’y fait. Michael Ballack a déjà placé le ballon sur le point de penalty …

 

Le nouveau médian de Chelsea s’avance … son tir part sur la gauche, mais Proto plonge du bon côté, et dévie le cuir en coup de coin ! L’espace d’une seconde, le stade se tait. Si ce n’est, dans la tribune opposée, les 2500 supporters belges qui manifestent leur joie.

 

Psychologiquement marqués par cet échec, les Allemands ne parviennent plus à enchaîner leurs mouvements offensifs. Si bien que dix minutes plus tard, sonne la fin de la rencontre, et la terrible épreuve des tirs au but …

 

Les Penalties … cardiaques s’abstenir !

 

Cinq joueurs allemands s’avancent dans le rond central. Ils se nomment Ballack, Neuville, Podolski, Frings, et Lahm. Du côté belge, rien n’avait visiblement été prévu, et René Van der Eycken doit improviser une liste de 5 tireurs. On croirait revivre le quart de finale d’il y a 20 ans contre l’Espagne ! Finalement, au bout de courtes tractations, les 5 frappeurs sont désignés : il s’agira de Wesley Sonck, rentré en dernier lieu, de Philippe Leonard, Timmy Simons, Karel Geraerts, et Bart Goor.

 

Michael Ballack s’avance devant Silvio Proto, à peine un quart d’heure après sa tentative ratée. Et cette fois … sa frappe n’est même pas cadrée ! Le médian se tient la tête ; il semble maudit ce soir. En revanche, pas de problème pour Sonck, qui trouve la lucarne de Lehmann. La Belgique prend l’avance !

 

Oliver Neuville embrasse le cuir avant de le déposer à l’endroit prévu. Sur sa ligne, Proto bouge de droite à gauche. Neuville prend son élan … et Silvio arrête le tir ! Le jeune gardien belge est décidément prodigieux ! Il lève le visage au ciel et crie toute sa détermination.  Vient le tour de Philippe Leonard. Le Liégeois fixe Jens Lehmann dans les yeux avant de s’élancer … et de prendre le gardien allemand à contre-pied. 0-2, Les Belges réalisent le break parfait.

 

C’est cette fois Podolski, le meilleur buteur de la Mannschaft, qui va tenter sa chance. Il prend un court élan … et trompe aisément Proto. Il retourne auprès de ses coéquipiers en levant un poing rageur en direction de son public. A présent, c’est Timmy Simons qui prend place derrière le ballon. En championnat, il a déjà inscrit quelques buts sur coups francs, et en ce début de soirée, on n’en attend pas moins de lui. Il respire un grand coup, s’avance … mais son tir frappe la barre ! L’Allemagne revient à 1-2, et en Belgique, quatre millions de personnes se remettent à trembler devant leur téléviseur.

 

Car Thorsten Frings ne laisse aucune chance à Silvio Proto ! Si Karel Geraerts manque son tir au but, les Allemands reviendront à égalité ! Le Standardman s’élance … mais rate sa frappe, et Jens Lehmann s’en empare. C’est tout un stade qui exhulte, pendant que les Diables font la grise mine. Ils sont passé à côté de leur chance, et paraissent à présent abattus.

 

L’Allemagne court vers son destin, avec son dernier tireur : Philipp Lahm. Sur sa ligne, Proto doit sans doute se dire qu’il n’a plus rien à perdre. Lahm frappe en direction de la lucarne, mais Proto a bien suivi, et parvient à dévier le ballon sur la barre ! Les tribunes sont à nouveau glacées, tandis que le staff belge réalise qu’ils sont à un tir au but de la demi-finale !

 

Bart Goor est notre dernier tireur. Durant 120 minutes, l’Anderlechtois a énormément couru, mais semble avoir gardé des forces en réserve. Il se rend bien compte de l’importance de l’instant. C’est sous les sifflets de la foule qu’il place la balle sur le point blanc, avant de reculer.

 

L’arbitre siffle, les Belges retiennent leur souffle, et notre capitaine s’élance… Sur sa ligne, le gardien allemand bouge énormément, et au moment de la frappe, il décide d’anticiper du côté droit…

 

Ce qui se passe est tout bonnement incroyable. Aucun commentateur ne trouvera les mots juste pour qualifier le culot du capitaine belge, qui vient de réussir sa Panenka, et d’envoyer son équipe en demi-finale ! C’est du grand art ! Tout le staff belge se rue sur leur capitaine, sous le regard médusé du public allemand.

 

Nous avons du mal à le croire, mais c’est pourtant bien réel : au bout d’une rencontre palpitante, la Belgique retrouve les demi-finales de la Coupe du Monde !!

 

Les Allemands ont de quoi être déçus. Ils ne méritent certes pas d’être éliminés à ce stade, mais en toute objectivité, il serait exagéré d’affirmer qu’ils ont surpassés nos diables. La Mannschaft a étalé toutes ses qualités, mais ce ne fut suffisant pour vaincre dans le temps réglementaire, face à une Belgique magistralement organisée, qui compensa sa carence de talent pur par un courage hors du commun. Et puisqu’il fallait un vainqueur, le hasard a choisi son camp.

 

Comme nous vous le disions en début d’article, la nation belge a de quoi être fière de ses joueurs. Ceux-là même qui, à présent, ne sont plus qu’à 180 minutes de nous offrir le bonheur complet …

 

Belgique : Proto ; Deflandre, Van Buyten, Vermaelen (76e Hoefkens), Leonard ; Vanden Borre, Simons, Geraerts, Goor ; Buffel (83e Defour), Pieroni (105e Sonck).

Allemagne : Lehmann ; Friedrich, Mertesacker, Metzelder, Lahm ; Frings, Schneider (60e Odonkor), Ballack, Schweinsteiger (84e Neuville) ; Klose (105e Asamoah), Podolski.

Buts : Pieroni, 0-1 (68e) ; Podolski, 1-1 (89e).

Penalties :

Cartons jaunes : Deflandre (9e), Van Buyten (38e), Schneider (56e), Goor (72e), Hoefkens (110e), Vanden Borre (111e).

Cartons rouges : aucun.

 

Depersée A.

20:42 Écrit par Allez les diables ! | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |