25/06/2006

Belgique 3 Mexique 2 : Nous sommes en quarts de finale !

Formidable prestation des Diables, qui les qualifie pour le tour suivant !

 

Après la rencontre, il n’y avait pas de mot capable de définir la joie que nous ressentions. Les Belges sont passés par toutes les humeurs possibles, de la consternation, par l’anéantissement, pour finalement retrouver espoir, et exploser lors du coup de sifflet final. Il n’y a pas de doute : les cent-vingt minutes que nous avons vécues feront à jamais partie intégrante des plus beaux moments de l’histoire du football belge !

 

Dès les hymnes nationaux, le spectateur pouvait lire toute l’importance de l’événement sur les visages des vingt-deux acteurs. Après trois défaites successives en huitièmes, le Mexique espérait bien trouver la voie des quarts de finale. Nos Belges, quant à eux, ne rêvaient que d’une chose : égaler la performance de la génération Pfaff – Gerets – Scifo & Cie, qui, vingt ans plus tôt, à ce stade de la compétition, avaient remporté face à l’URSS un match qui semblait perdu d’avance.

 

Les premières minutes de la rencontre sont à mettre à l’actif de nos couleurs. Dès la 4e minute, le frais et dispos Koen Daerden place une accélération sur le flanc gauche, avant d’effectuer un centre haut vers la surface, en direction de Luigi Pieroni. L’Auxerrois arme une tête magistrale, que toute la Belgique voit déjà au fond des filets du pauvre Oswaldo Sanchez. Mais dans un réflexe inespéré, celui-ci parvient à dévier la balle sur sa barre, avant que Marquez ne dégage en panique. Qu’importe, la rapidité de cette première occasion semble mettre l’équipe en confiance.

 

Cinq minutes plus tard, ils remettent le couvert. Cette fois, c’est Vandenborre qui perce sur le flanc droit. Le jeune Anderlechtois dribble habilement deux Mexicains, pénètre dans la surface de réparation, puis passe en retrait à Geraerts, dont le tir immédiat est à nouveau repoussé par Sanchez. Sur le corner qui suit, Pieroni parvient à nouveau à placer sa tête, mais la balle frôle de peu le second poteau.

 

On sent qu’il en faudrait peu pour que le but tombe dans notre camp. Malheureusement, c’est le contraire qui se produit… Sur un dégagement de Sanchez, Le ballon est intercepté par Pardo qui, fort de la liberté dont il jouit, avance sans être inquiété jusqu’à la limite du grand rectangle. Il tente un tir, qui sera repoussé par Silvio Proto … dans les pieds de José Fonseca, plus prompt que Van Buyten. Pris à contre-pied, Proto ne peut rien : C’est 0-1, contre le cours du jeu.

 

Durant les minutes qui suivent, toute l’équipe semble abattue par ce coup d’assommoir. À la 21e, sur une maladresse, Geraerts perd le ballon dans le rond central. La contre-attaque est rapidement menée par Morales qui parvient, entre nos défenseurs, à faire glisser la balle à Borgetti. Seul devant Proto, il faudra un arrêt de classe mondiale de notre jeune portier, pour empêcher les Mexicains de tuer le match.

 

L’entrejeu belge est dépassé, mais il parvient à reprendre le dessus en début de troisième quart d’heure. Se rachetant de sa bourde, Karel Geraerts récupère le ballon dans les pieds de Morales, avant d’effectuer une longue passe transversale en direction de Daerden. Se débarrassant du pressing mexicain, le néo-Brugeois parvient à se mettre sur son bon pied pour centrer. Mais malgré sa détente, Pieroni arrive trop court pour reprendre le ballon. Encore raté, mais on sent les Belges tout à fait capables de revenir au score.

 

Il faut toutefois veiller à rester organisés derrière. A la 40e minute, Marquez parvient à lancer Fonseca en profondeur. Il prend à nouveau notre défense de vitesse, mais Proto effectue une sortie magistrale dans ses pieds, avant que Simons ne dégage la balle au loin.

 

Les Diables rentrent donc au vestiaire avec un déficit d’un but. Ca commence à devenir une habitude. L’usage voudrait pourtant qu’ils parviennent à renverser la tendance, comme face à l’Argentine. Dès la reprise, René Van der Eycken fait monter Defour en lieu et place de Vanderhaghe, sans doute pour donner plus de vie à l’entrejeu, mais avec le risque de récupérer moins de ballons.

 

Une course contre le score.

 

Les Belges remontent sur la pelouse en affichant une mentalité de conquérants. Il ne faut en effet attendre que 3 minutes pour assister à une nouvelle offensive. Une passe lobée de Buffel arrive dans les pieds de Pieroni, qui parvient à pivoter, mais son tir est à nouveau dévié par Sanchez, qui semble décidé à faire le match de sa vie. Derrière, les Mexicains se regroupe, et les Belges ne parviennent plus à venir perforer ce rideau défensif. Ils se voient contraints de tenter leur chance de loin ; à la 60e, un tir des 30 mètres de Simons échoue de peu au dessus de la barre transversale. Trois minutes plus tard, c’est Vandenborre qui s’y risque, mais le gardien adverse dévie une nouvelle fois en corner. Nous entrons à présent dans les vingt dernières minutes de la rencontre, et les Mexicains jouent clairement le chronomètre. Sur le banc, René Van der Eycken s’arrache les cheveux. Comment donc parvenir à percer cette défense ?

 

Pour le dernier quart d’heure, le coach décide de jouer son va-tout. Cette fois, c’est Vandenborre qui cède sa place à Wesley Sonck. Un pur attaquant pour un médian, c’est le pile ou face. Soit les Diables égalisent, soit les Mexicains feront 0-2 sur un contre, et c’en sera bel et bien terminé de nos espérances…

 

Ce dernier scénario faillit bien se produire. Peu après le remplacement, une perte de balle de Pieroni amorce une contre-attaque rondement manœuvrée par l’entrejeu mexicain, en surnombre. Borgetti parvient à l’orée de notre rectangle, mais au moment de conclure, il se voit subtiliser le ballon par Timmy Simons, à nouveau l’auteur d’une rencontre magistrale. La relance de l’ancien Brugeois parvient à Buffel, redescendu sur le flanc droit. Ce dernier tente alors un dribble, mais se fait faucher par Osorio à la limite du rectangle. Il reste sept minutes, et Sonck s’apprête à botter le coup franc.

 

Wesley se concentre et s’élance … son tir perce le haut du mur, et vient se loger dans la lucarne de Sanchez, resté immobile. C’est ce qu’on appelle communément une « toile d’araignée ». C’est 1-1, et c’est amplement mérité.

 

Les Diables se sont-ils déconcentrés suite à cette égalisation ? Ont-ils cru trop tôt avoir les clés du match en main ? C’est fort probable. Sur le centre qui suivra, les Mexicains vont enchaîner douze passes d’affilée sans qu’aucun joueur belge ne puisse s’emparer du ballon. La treizième passe arrive dans les pieds de Fonseca, isolé dans le rectangle, qui crucifie Proto pour la seconde fois. C’est la ponctuation d’une véritable démonstration mexicaine, et le gardien belge ne pouvait malheureusement rien faire.

 

On voit mal comment la Belgique pourrait se remettre de ce KO, d’autant plus qu’il ne reste que six minutes avec les arrêts de jeu. Les Mexicains se remettent à joueur la montre, gardant la balle dans leur camp, fuyant la provocation, et poussant les Belges au pressing. La qualification semble leur tendre les bras. C’est sans compter sur un nouveau miracle belge. Et comme face aux Argentins, ce miracle se nomme Steven Defour.

 

Alors qu’on n’y croyait plus …

 

A la 89e minute, Defour récupère la balle dans les pieds d’un Mexicain, et adresse directement une longue transversale sur la gauche, vers Koen Daerden. Le fils de Jos se défait de son marquage et s’avance dans l’axe. Arrivé aux vingt mètres, il tente une frappe du gauche. Son tir est à nouveau dévié par Sanchez, mais Pieroni, remarquablement placé, réussit à reprendre la balle au nez et à la barbe des deux défenseurs mexicains, pour l’envoyer mourir au fond des filets d’un impitoyable plat du pied. C’est 2-2, et à nouveau, les Belges ont montré au monde qu’il ne fallait jamais les considérer défaits avant le coup de sifflet final.

 

Des prolongations parfaitement gérées.

 

Précisément, trois minutes d’arrêt de jeu plus tard, l’arbitre met un terme au temps imparti. On se dirige donc vers trente minutes supplémentaires, les buts en or et en argent ayant disparu du règlement. Et si égalité subsiste encore, c’est aux penalties que se départageront les deux équipes.

 

Mais dès le début du premier quart d’heure de prolongation, on sent que le dernier but belge a psychologiquement pesé sur le moral des Mexicains. Et il ne faudra pas attendre longtemps avant d’en avoir la confirmation. Dès la 94e minute, Buffel s’échappe sur le flanc droit, et centre pour Pieroni, dont la reprise du pied droit ne laisse aucune chance à Sanchez. Le Liégeois marque son 2e but du match, le 3e de la compétition, et dans tout le pays, c’est l’extase. Deux minutes plus tard, c’est sous les applaudissements que Luigi cède sa place à Mudingayi. La stratégie de Van der Eycken est simple ; rééquilibrer l’entrejeu, et réussir là où nos adversaires ont par deux fois échoué : maintenir le score.

 

Les Mexicains ne semblent pas se relever de ce coup de grâce. Les Belges ont le match en main, et ce malgré deux nouvelles tentatives de loin bien arrêtées par Silvio Proto. A la 118e minute, Buffel, sans doute à bout de souffle, s’offrira le luxe de rater la balle du 4-2. Seul devant Sanchez, c’est à nouveau le portier mexicain qui a le dernier mot.

 

Buffel sera à deux doigts de le regretter amèrement… Sur le contre, Jose Fonseca trompe la vigilance de la défense, et manque de peu d’offrir les penalties à son équipe. Son tir des 15 mètres sera fort heureusement dévié par un Silvio Proto en grande forme. L’arbitre monsieur Busacca choisit ce moment pour laisser respirer les Belges, et rassurer les plus cardiaques d’entre nous. Le stress disparaît au profit d’une merveilleuse réalité : Nous sommes en quarts de finale !

 

La nation entière qui vibre

 

Pour la deuxième fois en vingt ans, La Belgique accède donc aux quarts de finale de la Coupe du Monde. A cette différence près qu’alors, le match face à l’URSS s’était terminé dans les petites heures de la nuit. Hier, c’est toute une nation qui a pu fêter ses champions avant les douze coups… et après !  Dans bon nombre de cités belges, le noir, le jaune et le rouge flottaient encore dans les airs, lorsque le soleil fit son apparition aux petites heures.

 

Du côté de Leipzig, le staff belge n’a pas encore fini de se congratuler. Toutefois, les joueurs sont mal pris, entre leur envie bien légitime de célébrer leur victoire, et l’autre, plus consciencieuse, de se reconcentrer pour un quart de finale contre l’Allemagne, qui s’annonce déjà explosif.

 

René Van der Eycken a déjà annoncé qu’il allait permettre à ses joueurs de se relaxer, avant de se remettre à l’ouvrage. Quant au néo-capitaine Eric Deflandre, il faisait remarquer : « Ce sera notre second derby de la compétition, après les Pays-Bas. Nous avons remporté le premier, alors pourquoi pas celui-ci ? ».  

 

Merci les Diables, vous avez été grands !!

 

 

Petreri D.

 

Belgique : Proto ; Deflandre, Van Buyten, Simons, Leonard ; Vanden Borre (76e Sonck), Vanderhaeghe (46e Defour), Geraerts, Daerden ; Buffel, Pieroni (95e Mudingayi).

Mexique : Sanchez ; Marquez, Osorio, Mendez, Salcido ; Castro ; Guardado (60e Pineda), Pardo, Morales (106e Franco), Rodriguez ; Fonseca, Borgetti (80e Bravo).

Buts : Fonseca, 0-1 (20e) ; Sonck, 1-1 (84e) ; Fonseca, 1-2 (85e) ; Pieroni, 2-2 (89e) ; Pieroni, 3-2 (94e)

Cartons jaunes : Salcido (7e), Vanderhaeghe (19e), Buffel (66e), Fonseca (96e), Daerden (112e)

Cartons rouges : aucun.

12:53 Écrit par Allez les diables ! | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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